10.07.2007

TERRE MER

GAÏA, est notre terre mère, mais là nous partons seulement en mer avec GAYA.
Décors d’inspiration marine, gris sobre, élégant, un sublime mur d’écailles en miroir, un bar qui donne sur la cuisine. C’est notre place, à croire que nous sommes abonnés aux bars. De toute façon j’adore cette place, c’est toujours un spectacle délicieux que de voir les cuisiniers à l’œuvre et l’endroit idéal pour discuter avec les serveurs et sommeliers.

La carte est faite « d’inédits », d’essentiels », « d’inoubliables », «de marée noble » et … ? j’ai raté le dernier. Pour moi, évidemment je pioche directement dans les insolites : Chantilly Slace, crème d’étrille, riz crémeux et crème au raifort. Une grande assiette creuse blanche avec en son centre un carré de riz, qui tel un iceberg nage dans sa crème d’étrille couleur rouille. Le serveur verse délicatement la crème de raifort pour donner une teinte crème à l’ensemble du plat. Légèreté, accord parfait et juste dosé entre la crème d’étrille et le raifort. Le riz est parfait, ferme et fondant à la fois. Je suis en Bretagne au bord de l’océan, chaque cuillérée m’emmène un peu plus loin, au large, loin … très légèrement.

Cannelloni d’aubergine, gelée de poivron, céleri et crème de citron. Nous sommes dans les notes amères, les cannellonis sont parfaitement cylindriques et doux. En revanche, je suis moins fan de l’amertume et regrette qu’il n’y ait pas plus de notes sucrées notamment avec le céleri.

Rougets de roche, champignons et figues fraiches comme des condiments. Le poisson fretille de fraicheur dans l’assiette. Le mix de cuisson à la vapeur et de juste saisi à l’huile laisse la chair translucide et fondante. Les Shitakes sont trop salés et c’est une aubaine pour déguster les girolles à l’abricot. L’acidité des figues contraste avec la douceur de la chair du poisson, une réussite, un plaisir.

Copeaux de bar et fenouil. L’assiette arrive avec uniquement le fenouil, le serveur fait glisser de la poele les copaeux de bar dessus. Même frétillement que pour le rouget et cette fois ci, le fenouil est sucré. Alliance parfaite, on en redemanderait encore et encore.

Les desserts ne restent pas inoubliables, pour moi un mille feuilles, creme aromatisée au Rhum, biscuit à la cerise, grillotes et palet de chocolat. Interessant mais sans plus.

Bombe glacée. Je ne peux pas juger, je n’aime pas vraiment la glace, mais trop de Rhum ici aussi.

Le tout arrosé d'un blanc de Limoux, Domaine du Mocaillou, je ne suis pas sure de l’orthographe, mais ce dont je suis sure est que c’est un Chardonnais et moi qui ne suis pas franchement copine avec les blancs, j’ai trouvé l’harmonie avec les plats parfaite, à la fois sec et fruité, la couleur claire est très agréable, pas trop du sucre, ni de gras. Bref, je n’ai pas passé une nuit affreuse comme à mon habitude avec les blancs, en plus c'est moi qui ai choisi le vin, alors il faut assumer ses bons choix.

Les serveurs sont charmants et drôle, l’ambiance chic-décontractée est parfaite, il y a du beau monde essayant de passer presque incognito, tout est un subtile dosage harmonieux. A recommander, pour une soirée détente à tout de même 80 € par personne, ce qui finalement au regard des produits et de la cuisine est tout à fait raisonnable pour Paris.

Pas de photos cette fois-ci, non pas parce que je ne voulais pas me la jouer japonnaise en vacances mais je pense que lorsque je me perche sur des talons de 10 cm, ma tête est dans les nuages.


GAYA by Pierre Gagnaire, rue du Bac (n°?) mais c'est en face de l'atelier Robuchon et de l'hôtel Montalembert. Pour ceux qui polluent, il y a un parking en face ! pour les autres Mo Rue du Bac.

Commentaires

J'ai toujours eu un problème avec le décor de Gaya (oui, je sais, on ne va pas au restaurant pour manger les rideaux), il me refroidit l'estomac.

Ecrit par : Chroniques du Plaisir | 12.07.2007

C'est pour ça qu'il faut se mettre au bar. Les tabourets (les mêmes que ceux de Cojan) sont très confortables et il y a une petite fenetre sur la cuisine. Mais j'ai passé une très agéable soirée ce qui m'a fait un peu oublier le bateau gris.

Ecrit par : gourmande | 12.07.2007

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